Le CECR : un instrument de référence pour la transparence et la cohérence

Le Cadre européen commun de référence pour les langues : apprendre, enseigner, évaluer (CECR), résultat de deux décennies de recherches, est comme son nom l’indique clairement, un cadre de référence. Il a été conçu dans l’objectif de fournir une base transparente, cohérente et aussi exhaustive que possible pour l’élaboration de programmes de langues, de lignes directrices pour les curriculums, de matériels d’enseignement et d’apprentissage, ainsi que pour l’évaluation des compétences en langues étrangères. Il est utilisé en Europe mais aussi en d’autres continents et est disponible en 39 langues.

Six niveaux de compétences en langues étrangères

Le CECR décrit les compétences en langues étrangères à six niveaux : A1 et A2, B1 et B2, C1 et C2. Il définit également trois niveaux intermédiaires (A2+, B1+, B2+). Basé sur une recherche empirique et une large consultation, cette échelle permet de comparer des tests et des examens en différentes langues (voir la section Le CECR et les examens de langues : une série d’outils). Il fournit aussi une base pour la reconnaissance mutuelle de certifications en langues, favorisant ainsi la mobilité éducative et professionnelle.

Les descripteurs contenus dans le CECR et d’autres descripteurs élaborés par la suite sont disponibles dans une Banque de descripteurs.

La richesse du CECR ne se réduit pas à ses échelles de niveaux de compétences

Les échelles de compétences en langue étrangères du CECR sont complétées par une analyse détaillée des contextes communicatifs, thèmes, tâches et objectifs, ainsi que par des descriptions étalonnées de compétences nécessaires à la communication. Ceci explique en partie pourquoi le CECR est de plus en plus utilisé pour la formation des enseignants, la révision des curriculums de langues étrangères et l’élaboration de matériel pédagogique (concernant ces utilisations du CECR, voir laSynthèse des résultats d’une enquête menée en 2006 au sein des états membres du Conseil de l’Europe).

 NIVEAUX COMMUNS DE RÉFÉRENCE

En fait, il semble qu’il y ait un large consensus (encore que non universel) sur le nombre et la nature des niveaux appropriés pour l’organisation de l’apprentissage en langues et une reconnaissance publique du résultat. Tout cela permet de penser qu’un cadre de référence sur six niveaux généraux couvrirait complètement l’espace d’apprentissage pertinent pour les apprenants européens en langues.

Un cadre de référence en six niveaux

  • Le Niveau introductif ou découverte (Breakthrough) correspond à ce que Wilkins appelait « compétence formule » dans sa proposition de 1978 et Trim « compétence introductive » dans la même publication1.
  • Le Niveau intermédiaire ou de survie (Waystage) reflète la spécification de contenus actuellement en vigueur au sein du Conseil de l’Europe. Le Niveau seuil (Threshold) reflète la spécification de contenus actuellement en vigueur au sein du Conseil de l’Europe.
  • Le Niveau avancé (Vantage) ou utilisateur indépendant, supérieur au Niveau seuil, a été présenté comme étant une « compétence opérationnelle limitée » par Wilkins et par Trim comme une « réponse appropriée dans des situations courantes ».
  • Le Niveau autonome ou de compétence opérationnelle effective, qui a été présentée par Trim comme « compétence efficace » et comme « compétence opérationnelle adéquate » par Wilkins, correspond à un niveau de compétence avancé convenable pour effectuer des tâches ou des études plus complètes. 1. Trim, J.L.M., Des voies possibles pour l’élaboration d’une structure générale d’un système européen d’unités capitalisables pour l’apprentissage des langues vivantes par les adultes, Conseil de l’Europe, 1979. 25
  • La Maîtrise (Trim : « maîtrise globale » ; Wilkins : « compétence opérationnelle globale ») correspond à l’examen le plus élevé dans l’échelle ALTE. On pourrait y inclure le niveau encore plus élevé de compétence interculturelle atteint par de nombreux professionnels des langues.

Une arborescence en trois niveaux généraux Si l’on observe ces six niveaux on constate toutefois qu’ils correspondent à des interprétations supérieures ou inférieures de la division classique en niveau de base, niveau intermédiaire et niveau avancé. En outre, il apparaît que les intitulés du Conseil de l’Europe (par exemple, Waystage, Vantage) se prêtent mal à la traduction. C’est pourquoi le système proposé adopte une arborescence du type des « hypertextes » à partir d’une division initiale en trois niveaux généraux A, B et C.