Genu recurvatum : causes, symptômes et options de traitement

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Jambe avec genu recurvatum montrant une courbure du genou sur route ensoleillée

Ce qu’il faut savoir :

Le genu recurvatum se caractérise par une hyperextension excessive du genou qui dépasse typiquement 20 degrés. Cette déformation peut être d’origine congénitale ou acquise et résulte souvent d’un déséquilibre musculaire ou ligamentaire. Le traitement repose essentiellement sur une prise en charge orthopédique et une rééducation fonctionnelle adaptée visant à améliorer la stabilité et limiter l’aggravation.

Quelle que soit sa cause, le genu recurvatum représente un défi clinique important en raison de ses conséquences fonctionnelles et de son impact sur la mobilité. Cette déformation bloque souvent le genou en hyperextension lors de la phase d’appui, ce qui peut conduire à une démarche asymétrique ou une instabilité articulaire. Les patients concernés, notamment ceux ayant une cause neurologique ou une malformation congénitale, nécessitent une attention particulière pour prévenir les complications chroniques. Comprendre les différents mécanismes en jeu et les options thérapeutiques permet d’envisager une prise en charge adaptée pour restaurer la fonction et améliorer la qualité de vie.

Genu recurvatum : définition et classification

Le genu recurvatum est une déformation caractérisée par une hyperextension excessive du genou, c’est-à-dire que l’angle de flexion est anormalement ouvert vers l’avant. Cette position anormale peut apparaître lors de la marche, plus précisément lors de la phase d’appui, où le genou devrait légèrement fléchir pour amortir le poids du corps.

Cette pathologie peut être congénitale ou acquise. Le genu recurvatum n’est pas une maladie en tant que telle, mais une manifestation d’un trouble sous-jacent qui doit être identifié.

Il existe plusieurs classifications, la plus connue étant celle de Leveuf et Pais, qui distingue trois stades selon la présence ou l’absence de luxation :

  • Stade A : hyperextension sans luxation, le genou peut être réductible.
  • Stade B : présence de subluxation partielle.
  • Stade C : luxation complète du genou.

Une autre classification, plus fine, est proposée par Laville, basée sur l’ampleur de la flexion possible et l’instabilité du genou. Ces classifications guident le choix du traitement et le pronostic.

Causes et étiologies: origines variées

Causes congénitales

Le genu recurvatum peut être congénital, avec une incidence estimée entre 0,2 et 0,7 pour 1000 naissances. Cette malformation touche plus souvent les filles, et peut être bilatérale ou unilatérale. Les causes sont majoritairement malformatives : hypoplasie ou agénésie du quadriceps, malformations osseuses comme l’hypoplasie du fémur ou du tibia, ou défects ligamentaires (ligament croisé antérieur absent ou distendu).

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Certains syndromes dits polymalformatifs, tels que l’arthrogrypose multiple congénitale, le syndrome de Larsen ou la trisomie 21, peuvent associer un genu recurvatum congénital avec luxation du genou, souvent sévère.

Causes neurologiques et acquises

Chez l’adulte, les causes du genu recurvatum sont souvent fonctionnelles ou neurologiques. Elles incluent des séquelles d’accident vasculaire cérébral (AVC), hémiparésie, ou troubles neuromusculaires entraînant un déséquilibre entre quadriceps et ischio-jambiers.

Une hypertonie quadricipitale, une faiblesse des fléchisseurs du genou, ou un déficit du releveur du pied peuvent forcer le genou à s’hyperétendre pour assurer la stabilité lors de la marche.

Enfin, des causes traumatiques ou malpositions osseuses peuvent aussi provoquer un genu recurvatum acquis chez l’adulte.

Signes cliniques et conséquences fonctionnelles

Le genu recurvatum se manifeste par un genou verrouillé en hyperextension visible lors de la marche, ce qui modifie la démarche par asymétrie ou boiterie.

On note souvent une sensation de genou instable ou un claquement à l’extension. À long terme, cette hyperextension peut provoquer des douleurs ligamentaires, une fatigabilité accrue et une usure prématurée des structures articulaires.

L’angle d’hyperextension dépasse classiquement 20°, et peut aller jusqu’à 45° dans certains cas sévères. Cette déformation perturbe la phase d’appui en sur-sollicitant les ligaments postérieurs et les muscles extenseurs, ce qui peut entraîner une instabilité chronique et des difficultés fonctionnelles.

Notre observation. « La rééducation proprioceptive adaptée réduit nettement les récidives de genu recurvatum en renforçant le contrôle articulaire et la stabilité dynamique du genou. »

Diagnostic et imagerie radiologique

Le diagnostic repose d’abord sur l’examen clinique, avec repérage d’une hyperextension pathologique et évaluation de la luxation ou subluxation du genou. Chez le nouveau-né et l’enfant, l’observation immédiate à la naissance est essentielle.

La radiographie standard en profil est indispensable pour classifier la déformation selon Leveuf et Pais :

  • Stade A, localisation normale des axes osseux au centre de l’articulation.
  • Stade B, axes décalés avec subluxation.
  • Stade C, axes hors articulation en cas de luxation complète.
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L’échographie est utile pour visualiser la rotule, son positionnement et la structure ligamentaire, particulièrement chez le nourrisson. L’absence ou l’hypoplasie de la rotule est un facteur de mauvais pronostic.

Traitement et rééducation du genu recurvatum

Orthopédie précoce pour le genu recurvatum

Le traitement débuté dès la naissance s’appuie sur des manipulations douces visant à réduire l’extension excessive. L’immobilisation en plâtres de posture entre 10 et 15 jours, renouvelée plusieurs fois, permet de corriger progressivement la déformation.

Le harnais de Pavlik est également utilisé à partir d’une flexion de 20° pour maintenir le genou dans une position fonctionnelle. Chez les nouveau-nés, la durée moyenne des plâtres est bien documentée, et leur renouvellement mensuel optimisé à 10-15 jours par cycle pour garantir l’efficacité.

En cas d’échec, une traction cutanée associée à une immobilisation plâtrée plus ferme doit être envisagée, préparant une éventuelle intervention chirurgicale entre 3 et 6 mois pour limiter l’aggravation osseuse et ligamentaire.

Rééducation et proprioception

La rééducation est au cœur du traitement conservateur, qu’il s’agisse du nourrisson, de l’enfant ou des patients adultes avec cause neurologique. Elle inclut :

  • Mobilisation douce et étirement du triceps sural pour améliorer la flexion dorsale de la cheville, souvent limitée.
  • Renforcement excentrique ciblé des ischio-jambiers pour mieux contrôler l’extension du genou.
  • Travail proprioceptif en appui monopodal, par exemple sur plateau instable, pour rétablir la perception et la stabilité articulaire.
  • Exercices de positionnement comme la fente contrôlée, permettant un transfert progressif du poids tout en stabilisant le genou.

Le recours à des attelles anti-recurvatum ou talons compensateurs lors de la phase d’appui protège le genou, surtout après un AVC ou en cas d’hémiparésie où la laxité ligamentaire est accrue.

Techniques chirurgicales et recurvatum

La chirurgie est réservée aux formes sévères ou en cas d’échec du traitement conservateur. Les gestes opératoires varient selon la gravité :

  • Libération antérieure avec plastie d’allongement en V-Y du quadriceps pour récupérer la flexion.
  • Capsulotomie transverse antérieure et libération sous le ligament patellaire.
  • Raccourcissement des ischio-jambiers et plicature capsulaire postérieure pour réduire les rétractions.
  • Reconstruction ligamentaire du LCA, discutée selon l’état du ligament et la présence d’agénésie.

Le but est d’obtenir un genou stable avec une flexion d’environ 90° pour assurer une fonction correcte.

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Pronostic et cas pédiatriques

Le pronostic dépend fortement de l’étiologie, de la présence d’une luxation, et de la rapidité de la prise en charge. Les formes unilatérales isolées chez le nourrisson ont souvent un bon pronostic, avec parfois disparition spontanée ou amélioration sous traitement orthopédique conservateur.

Les formes bilatérales, syndromiques, ou associées à une absence de rotule ont un pronostic plus réservé, nécessitant souvent un suivi multidisciplinaire associant orthopédie, neurologie et pédiatrie.

Les expériences cliniques confirment que le suivi orthopédique, avec un protocole précis de plâtres de posture renouvelés toutes les 2 semaines environ, optimise les chances de correction.

La prévention notamment dans les malformations positionnelles ou les hypotrophies quadricipitales est essentielle pour éviter la détérioration fonctionnelle durable.

FAQ — Genu recurvatum

Quelle est la cause du genou recurvatum ?

La cause du genou recurvatum peut être congénitale, due à des malformations musculaires, osseuses ou ligamentaires, ou acquise par des troubles neurologiques, traumatiques ou musculaires provoquant un déséquilibre et une hyperextension excessive du genou.

Comment soigner un recurvatum ?

Le traitement du recurvatum repose sur une orthopédie précoce avec immobilisations, la rééducation proprioceptive et le renforcement musculaire. En cas d’échec, une chirurgie corrective peut être nécessaire pour restaurer la stabilité et la flexion du genou.

Recurvatum genou conséquences ?

Les conséquences du recurvatum genou incluent une démarche modifiée, instabilité, douleurs ligamentaires, usure articulaire prématurée et fatigabilité. L’hyperextension excessive sollicite trop les ligaments et muscles, ce qui peut entraîner une détérioration fonctionnelle chronique.

Quels sont les exercices pour le genu recurvatum ?

Pour le genu recurvatum, les exercices incluent étirements du triceps sural, renforcement excentrique des ischio-jambiers, travail proprioceptif sur plateau instable et exercices de fente contrôlée pour renforcer le contrôle articulaire et améliorer la stabilité.

Quelles techniques chirurgicales sont utilisées pour traiter le genu recurvatum ?

Les techniques chirurgicales comprennent la libération antérieure avec plastie du quadriceps, la capsulotomie antérieure, le raccourcissement des ischio-jambiers et la reconstruction ligamentaire, visant à stabiliser le genou et restaurer une flexion fonctionnelle d’environ 90°.

Comment se fait le diagnostic du genu recurvatum ?

Le diagnostic du genu recurvatum repose sur l’examen clinique, l’observation de l’hyperextension lors de la marche et la radiographie standard en profil pour classer la déformation selon le stade et évaluer la présence de luxation ou subluxation.