Septembre, le mois où l’on perd sa piscine sans raison

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Il y a un moment précis, vers la deuxième semaine de septembre, où la baignade s’arrête alors que rien ne l’imposait. Les journées restent belles, l’air affiche vingt-cinq degrés à quinze heures, mais l’eau est passée sous les vingt-deux et plus personne n’a envie d’y entrer. Le bassin est encore parfaitement utilisable pendant six semaines. Il est simplement devenu trop froid, et presque toujours pour une raison qui se règle.

La chaleur part la nuit

Une piscine découverte perd de la chaleur par plusieurs mécanismes, et ils ne pèsent pas du tout le même poids. Le rayonnement vers le ciel nocturne compte, la conduction vers le sol et les parois aussi, mais ces deux postes restent modestes.

L’essentiel des pertes vient de l’évaporation. Quand une molécule d’eau passe à l’état de vapeur, elle emporte avec elle une quantité d’énergie considérable, et elle la prend à l’eau qu’elle laisse derrière. Ce phénomène représente autour de soixante-dix pour cent des déperditions d’un bassin extérieur. Il s’accélère la nuit, quand l’air se refroidit et que l’écart de température avec l’eau se creuse, et il s’emballe dès qu’il y a du vent.

C’est pour cela qu’une piscine chauffée sans couverture est un gouffre. La pompe à chaleur remet le matin l’énergie que la nuit a fait partir, et le cycle recommence.

Ce qu’une couverture flottante change

Une bâche posée à la surface bloque le contact direct entre l’eau et l’air. L’évaporation s’arrête presque complètement sous la couverture, et les pertes nocturnes tombent dans des proportions que l’on constate dès la première semaine d’utilisation.

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Sur un bassin non chauffé, le gain se situe entre deux et quatre degrés sur la température moyenne de l’eau. Cela paraît peu écrit ainsi. En pratique, c’est exactement l’écart qui sépare une eau dans laquelle on entre d’une eau que l’on regarde. Sur un bassin chauffé, le gain se lit sur la facture plutôt que sur le thermomètre, puisque la pompe à chaleur se déclenche beaucoup moins souvent.

Les bulles ajoutent un second effet, moins connu. Elles font office d’isolant en emprisonnant de l’air, et la face transparente laisse passer le rayonnement solaire, que l’eau absorbe. La couverture ne se contente donc pas de conserver la chaleur, elle en apporte un peu. C’est la raison pour laquelle on la pose bulles vers le bas, contre l’eau, et non l’inverse.

L’épaisseur n’est pas un détail commercial

Les couvertures se vendent en 180, 400 ou 500 microns. L’écart de prix entre les deux extrêmes est réel, l’écart de durée de vie l’est tout autant.

Une bâche fine se déforme sous l’effet des ultraviolets et du chlore au bout d’une ou deux saisons. Les bulles éclatent une à une, la couverture devient une feuille plastique qui ne retient plus rien, et il faut la remplacer. Un modèle de 500 microns tient couramment cinq à sept ans dans des conditions normales d’utilisation, et sa rigidité le rend nettement plus agréable à manipuler seul. Rapporté à l’année, c’est la solution la moins chère.

Reste la question de la forme. Les bassins rectangulaires trouvent facilement leur bonheur dans les tailles standard, mais un couloir de nage, un bassin à débordement, une piscine avec un escalier roman ou une forme libre ne rentrent dans aucun format de catalogue. Une couverture trop petite laisse des bandes d’eau à découvert le long des parois, et l’évaporation reprend par ces ouvertures. Une couverture trop grande remonte sur les margelles, retient les feuilles et se salit. Pour ces bassins, seule une bâche à bulles sur mesure découpée aux dimensions exactes du plan d’eau couvre toute la surface, escalier compris.

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L’ordre des opérations en fin de saison

La couverture d’été et la bâche d’hivernage ne remplissent pas la même fonction et ne se remplacent pas l’une l’autre. La première conserve la chaleur pendant que le bassin sert encore. La seconde protège l’eau de la lumière et des salissures pendant que le bassin dort, et elle doit supporter le poids de la pluie et des feuilles.

Le plus simple est de garder la couverture flottante tant que l’on se baigne, ce qui repousse souvent la fermeture de trois à cinq semaines dans la moitié sud du pays, puis de basculer sur la protection d’hiver quand l’eau descend durablement sous les douze degrés. C’est le seuil sous lequel la vie biologique du bassin s’arrête, et il est plus fiable qu’une date sur le calendrier.

Une dernière précaution, souvent négligée : la couverture d’été se range propre et sèche. Enroulée humide et laissée dans un coin du garage, elle développe des moisissures entre les bulles qui la marquent définitivement. Un rinçage à l’eau claire et un séchage à plat sur une pelouse suffisent à lui faire gagner deux saisons.